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Les stands concourent aussi pendant la foire
 
Certains exposants ont fait beaucoup d'efforts pour soigner leurs rayons
 
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Virginie Montauban et Ludovic Alonso, fabricants de monuments funéraires. (Photo A.K.)
 
Il y a les villes fleuries, et il y a les stands fleuris. Depuis son lancement en 1981, la foire-expo de Barbezieux met en compétition ses exposants pour le prix du plus beau stand. Le Jury récompense, dans plusieurs catégories, le participant ayant présenté son rayon avec le plus grand soin. Habitué au concours, joseph Bluteau, un paysagiste, a été lauréat à plusieurs reprises dans la catégorie horticulture : «être jugé sur notre présentation, ça donne l'impression de retourner à l'école», remarque-t-il avec amusement. Il mise sur la couleur et la poésie. «La créativité sort de chaque goutte d'eau et se diffuse», dit-il en pointant le doigt vers la cascade de sa scène bucolique. Puis, se tournant vers un coussin de belle-mère placé au milieu, il reprend : «C'est la rondeur de l'oeil qui va rouler comme un billard sur le tapis vert, pour l'irriguer et le rafraîchir.»

Alain Cougnon, réparateur pour Mecanic'2000, vient aussi exposer à la foire depuis le début. Il voit dans ce concours l'opportunité de «faire évoluer le stand, de voir ce qui va et ce qui ne va pas». Il se félicite d'avoir été le premier à ramener un extincteur. Le constructeur avoue que s'il était motivé au début, il ne s'applique plus autant qu'avant : «je n'ai plus rien à prouver, il faut laisser la place aux nouveaux».

Oublier le cadre funéraire

Des nouveaux, Virginie Montauban en fait partie, et des plus exemplaires. Cette fabricante de monuments funéraires a été lauréate deux années de suite dans la catégorie administration, depuis son arrivée en 2012. «la première fois, j'avais un tout petit stand, mais j'ai mis des orchidées pour compenser. La deuxième fois, j'ai ramené de vrais monuments.» Virginie dit passer cinq à six mois à penser au stand pour qu'il soit le plus accueillant possible. Cette année, son idée était de créer un jardin à l'anglaise. Peu éprise des pelouses synthétiques, elle a préféré chercher des plaquettes de peupliers du Sud-Charente dans une scierie, qu'elle a alimenté avec un passage : «Et ça marche, se réjouit-elle. les gens traversent le chemin, ils oublient le cadre funéraire qui peut effrayer.» Petit plus, elle offre des pineaux à plusieurs heures de la journée.

Autre stand notable, cette fois en intérieur, celui de Christine Garon-Frougier, gérante d'un atelier de tapisserie d'aménagement. C'est sa deuxième fois à la foire : «J'étais en extérieur l'année dernière, j'ai trouvé qu'il faisait trop chaud.» Ayant tout pensé en détails, Christine a fait exprès de disposer deux tissus dessinés par Jean-Paul Gaultier de part et d'autre de sa tribune, avec une reprise de toiles de jouy, plutôt féminine à droite, et un tissu aux motifs mécaniques, «masculin», à gauche. Elle a assorti ce dernier d'un canapé rognon du début du XXe siècle. La décoratrice a aussi pris soin de ne pas laisser le sol brut, «pour créer un contraste avec le reste du décor». Et avec le reste des stands sûrement.