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« Je ne suis qu’un musicien qui chante »
 
Michel Fugain sera la tête d’affiche, le 1er septembre. En vedette, mais au sein d’un véritable groupe
2017 08 26 MF01
Le chanteur se présentera avec un tout un groupe de musiciens, Pluribus. PHOTO ALEXANDRE LACOMBE
« Je ne suis qu’un musicien qui chante »
 
Michel Fugain sera la tête d’affiche, le 1er septembre. En vedette, mais au sein d’un véritable groupe
2017 08 26 MF01
Le chanteur se présentera avec un tout un groupe de musiciens, Pluribus. PHOTO ALEXANDRE LACOMBE
 
Plus de cinquante ans de carrière mais il ne s’est « jamais emmerdé ». À 75 ans, Michel Fugain continue de hanter ses plus grands succès tout en restant libre dans ses choix artistiques. Rencontre avec un monstre sacré de la chanson française qui chante la fête avec toujours autant d’envie.

Sud-Ouest Êtes-vous un peu Charentais ?
Michel Fugain Au cours de ma carrière, je suis passé plusieurs fois à Barbezieux, ça c’est clair. En plus de cinquante ans, j’ai zigzagué. Il reste quelques brontosaures comme moi ! Je connais la Charente. J’y ai séjourné pour le tourisme ou pour chanter bien que je sois méditerranéen (Michel Fugain réside en Corse, NDLR). À Cognac, je me souviens du Festival de films policiers qui était génial. On a visité les distilleries et on a aussi bu beaucoup de cognac (rires) ! Je bois très peu, mais il y a des soirs où on se lâche. Moi, je suis un mec de bande !

Justement, vous vous présentez vendredi avec un groupe de six musiciens et chanteurs, Pluribus.
Tout seul, je m’ennuierais très fort. Ce n’est pas que je n’ai pas de vie intérieure (rires). Mais j’adore ça, travailler avec les autres, la synergie entre nous quand on partage le même but. J’aime les êtres humains, je ne suis pas égocentré. Je ne cherche que mon bonheur et il passe par les autres. C’est une vraie fierté pour moi d’être capable de fédérer. Je ne suis pas directif, je n’ai pas de fouet !

Retrouvez-vous en quelque sorte un nouveau Big bazar ?
Pas du tout ! Le Big bazar était une troupe. Une troupe, ça obéit au doigt et à l’oeil. On a travaillé quatre heures par jour pour danser, c’est tout. Pluribus, c’est une bande de potes. On vit ensemble, on bosse ensemble. Tous ces mecs-là travaillent par ailleurs. Ce sont tous des « lonesome cowboys ». Ils ont des carrières solo à côté. Là, ce qui est bien, c’est qu’on oublie que je suis un chanteur : parmi eux je ne suis qu’un musicien qui chante.

Est-ce une manière de vous renouveler ?
On passe son temps à essayer de ne pas s’emmerder, de ne pas répéter les mêmes choses. Je ne me suis jamais emmerdé. Je ne me sens pas emprisonné dans la manière de faire d’il y a 40 ans. Ce que les gens demandent seulement c’est : « Fais-moi du bien. » On peut jouer une même musique mais avec une autre couleur pour qu’elle procure le même type de plaisir, sinon davantage. « La fête » que nous jouons est nettement plus pêchue qu’il y a 45 ans. Les gens sont contents d’aller écouter des chansons qu’ils connaissent. Ils aiment aussi que l’on ne date pas. Personne n’a envie de faire son âge ! Il y a aussi plein de personnes qui découvrent nos chansons. Quand je leur sors « La bête immonde », que j’ai écrite en 1995 lors de la montée du Front national, ils ont l’impression que je viens de la faire. Ils se disent « j’avais oublié que ça disait ça ». C’est quoi notre rôle ? Ce n’est pas de faire du provisoire. Il faut faire des chansons qui gardent leur sens, qui peuvent s’adresser aux jeunes gens. Se concentrer sur notre universalité, pas notre individualité. Ce que le public demande c’est : « Parle-moi de moi. Ton quotidien, je m’en fous ! » Sinon, c’est comme si on chantait (il fredonne) : « Rien, rien, rien… »

Comment consommez-vous la musique aujourd’hui ?
Je reste à l’ancienne. Mais c’est vrai qu’on peut trouver des choses incroyables sur YouTube. Mais sur les plateformes de streaming il n’y a pas de retombées pour les créateurs. Tout le système créatif est en danger. Il y a encore des emmerdeurs qui ne veulent pas payer de droits d’auteurs ! C’est une question de respect aussi, des autres et de soi-même. Je dis : distingue-toi, découvre, au lieu de suivre comme un mouton… Résistez les mecs ! Faites tout pour ne pas être dans la masse.

Quels sont vos projets pour la suite ? Un nouvel album ?
Un album, non. De nouveaux titres, les radios s’en fichent… Ils veulent des chansons commerciales. Nous, on travaille pour le spectacle vivant. Avec Pluribus, on entame une nouvelle tournée à partir de janvier ainsi que des spectacles. Je conçois très difficilement d’arrêter de chanter ! Avec une autre équipe, on est en train de monter un projet au théâtre de l’Atelier, à Paris, « la causerie musicale ». Une sorte de master classe de luxe sur la création d’une chanson. Pour nous, le meilleur moment dans une chanson c’est celui où on la fait. Ça me passionne encore. Les gens sont curieux de savoir comment ça marche. Je commence le 27 novembre, tous les lundis, tant qu’il y aura du monde. C’est un challenge, je n’ai jamais fait ça !

Concert de Michel Fugain, vendredi 1er septembre, à 18 h 30, à la Foire-exposition de Barbezieux. Entrée foire et spectacle : 6 euros.
 
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« Les gens aiment écouter des chansons qu’ils connaissent. Mais ils aiment aussi que l’on ne date pas. » ARCHIVES THOMAS SANSON